Prendre le temps… de le prendre!

Prendre leUne fois encore, j’ouvre ma page à vos histoires et j’ai finalement choisis celle que voici.

Pourquoi? Parce qu’on en parle souvent et qu’on se questionne de plus en plus sur cette notion de prendre le temps. Comment expliquer que nos amour ressemblent de plus en plus à des kleenex qu’on jette après utilisation, qu’on soit de plus en plus rapides à articuler un  “C’est fini” pour passer à autre chose pour voir s’il n’y a pas mieux ailleurs?

Je ne sais pas.

Mais je sais qu’essayer de prendre le temps de connaître quelqu’un malgré ses craintes de présent, ses appréhensions du futur et ses blessures du passé, ça ne peut pas nuire…

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Ça ne fait que quelques jours, je sais que ça va passer… ça passe surprenamment toujours…

Même si on pense avoir atteint la limite de notre capacité à gérer les ruptures, y a encore de l’énergie pour sortir du  désespoir dans notre ti-coeur éclaté…

Le mien a fait la guerre (je sais, je suis pas la seule et y a sûrement pire). Mais en ce moment, je l’imagine agrémenté de vieilles cicatrices, de bandages récents qui ont du mal à tenir, qui décollent sur les bords, qui laissent entrevoir des bouts de plaies ouvertes… et je me dis entre deux sanglots « Envoye la grande, prend une grande respiration, avance et souris parce que ça sert à rien que tu t’apitoies sur ton sort et que tes amies, même si elles t’aiment, commencent à en avoir marre de ta mine défaite et de tes faux sourires… ».

Pis elles se disent aussi sûrement secrètement – parfois pas si secrètement que ça – : «Y’a quelque chose qui cloche chez elle ! ». Quand même la fille de 8 ans de ton amie s’exclame : « Ah non ! Pas ENCORE! », après que sa mère lui ait bien délicatement annoncé : « Elle a de la peine, XYZ l’a laissé »… tu te dis qu’une chance que t’as une bonne capacité d’autodérision !

J’ai entendu tous les conseils, le tout et son contraire, comme si je pouvais être trop dépendante en même temps que trop indépendante, trop dans l’amour passion mais aussi trop dans l’amour raison ! Calvaire, je suis déjà assez mêlée de même ! Pis je suis tannée que ça soit tout le temps de ma faute… de me sentir trop ou pas assez ! On peut bien décortiquer mes déboires émotionnels en séquence, on va sûrement trouver LE mot que j’aurais pas du dire, LE texto que j’aurais pas du écrire, LA larme que j’aurais pas du laisser couler, mais bon… qu’est-ce que ça change au final ça , à quoi ça sert?

À part me faire sentir coupable et bien malhabile amoureusement parlant ?

Donc, revenons à nos moutons… Il m’a quitté il y a quelques jours…

Non ! Ce n’était pas une relation de longue haleine. Mais c’était, je le croyais, un bel amour en croissance, une saine relation en devenir, une belle motivation à laisser mes peurs derrière moi et à croire, juste croire… C’est pas bon croire, ça fait mal croire…

Après avoir connu l’amour violent qui détruit tout sur son passage – dont la première cible est l’estime bien sûr – l’amour « en poignée de porte » (c’est comme ça que moi et ma cousine on a appelé le genre d’amour que l’on démontre en réparant tout dans la maison – dont une poignée de porte légendaire – au lieu de dire je t’aime et de faire des câlins. Ce n’est pas mauvais mais ce n’est pas mon besoin!), après les mésaventures des sites de rencontres et l’accumulation des sempiternels « c’est pas toi, c’est moi ! » « je pensais que j’étais prête à m’engager mais finalement non ! », après le nombre incalculable de fois ou j’ai clamé haut et fort « Pu jamais ! » et que, comme une toxico à la recherche de son prochain hit, j’y retournais dans cette jungle du dating et de la fréquentation…  je me croyais ENFIN à la bonne place avec la bonne personne.

Tout en simplicité, en rires, en complicité, en respect, en partage, en chimie des corps et en communication… Mais voilà, il y avait un hic… Malgré nos beaux moments et sans qu’il ne comprenne trop pourquoi (qu’il disait), il mettait les freins. Ça lui faisait peur de sentir que je m’attachais et il se questionnait sur son rythme à lui… et il pensait qu’en contrôlant les moments où on se voit, ben il contrôlerait ma quantité d’attachement, ma rapidité d’attachement (qu’on se le dise, je n’étais ni tout le temps dans ses baskets et nous avions encore beaucoup de moment à vaquer à notre propre vie chacun de notre bord. Je ne lui en ai fait aucune remontrance ni séance de bouderie…).

Tsé, au lieu de travailler fort à contrôler ce qui ne peut l’être chez l’autre, travaille donc AUSSI fort à tolérer et accepter que ça fait peur se sentir vulnérable face à quelqu’un d’autre, mais que c’est un passage obligé pour une intimité réelle… Comprend que même si nos deux bateaux ne vont pas au même rythme, c’est pas grave tant qu’il y a de la compréhension et du respect… l’important c’est de se diriger vers la même destination.

Au final, il a dû me dire, un doux vendredi soir d’août, « je sais pas pourquoi, tout est là pour marcher, mais ça lève pas (en parlant de ses sentiments) ». On se demande pourquoi !?!

J’ai pas de recette magique, mais je crois avoir compris que pour aimer quelqu’un, il faut PRENDRE LE TEMPS et se donner la peine d’apprendre à le connaître. Et pour ça, il faut accepter que notre horaire va être parfois un peu chambardé, qu’il va falloir s’arrimer, qu’il va falloir rencontrer son monde, son univers et le laisser entrer dans le nôtre… qu’on apprend à aimer en voyant l’autre agir avec ses amis, dans ses zones de confort et de non-confort, dans ses réactions face aux imprévus, face à l’ennui, face aux défaites, face aux victoires !  L’amour et l’attachement, ça grandit avec le temps, ce n’est pas la sensation qu’on va s’évanouir quand l’autre nous appelle ! L’amour et l’attachement c’est accorder du temps à l’autre en ne s’oubliant pas, ce n’est pas être privé de liberté, étouffer… pis si ça arrive, ben ça se dit, pis l’autre devrait comprendre et agir en conséquence…

Bonyenne.. Ça se peux-tu avoir peur de même ? Y se font peur eux-mêmes, ils ont pas besoin de nous !

Voilà ! Je sais bien que les hommes aussi vivent ce genre de déceptions… et je sais aussi que mon homme, c’est un bon-Jack-pas-de-malice pis que ça se peut que ça ait juste pas levé comme y dit… Mais voilà, ce qui ne fait sens s’empêtre dans mon petit cœur… pis y a comme  une filée de désillusions qui se sont accumulées derrière, pis ça donne comme l’impression que sans rien rejeter en particulier, c’est moi en entier qu’il rejette…

 

 

 

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7 pensées sur “Prendre le temps… de le prendre!

  • 19/01/2015 à 12:02
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    Ouf, ça me parle ce matin ce texte…
    C’est exactement ce que j’ai vécu, à la différence que je me suis retirée quand j’ai senti qu’il reculait au lieu d’attendre de me faire laisser éventuellement. Peut être que c’est moi qui a manqué de patience, après tout. Mais quand ça recule déjà au début je ne vois pas comment la relation peut se poursuivre sainement ensuite.

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    • 02/02/2015 à 15:13
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      Mon petit doigt me dit qu’on est une sacrée gang à vivre cela…malheureusement. Courage! De tout coeur avec toi!

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  • 23/03/2015 à 13:43
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    Les hommes et les femmes voient les choses différemment, c’est ici que ça prend tout son sens… EN GÉNÉRAL, les hommes ont plus souvent le pieds facile sur le break, ils ont peur de se faire envahir et les femmes s’emballent rapidement…résultat, un beau mélange explosif qui fait peur…Je pense qu’il faut faire confiance en la vie…tout simplement c’était pas la bonne personne…quand c’est le bon ça coule bien, parce que de part et d’autre tu sais que c’est la bonne personne alors tu n’a plus envie de regarder ni en arrière ni autour, tu regarde en avant avec la personne avec laquelle tu es sans trop te poser de question…. je sais pas si c’est naïf de ma part d’y croire encore, mais je crois que c’est bien de garder espoir 🙂 Je crois que le secret c’est de prendre son temps pour les filles et se donner le temps pour les gars!
    Beau texte j’adore 🙂

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  • 21/08/2015 à 11:48
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    Ton texte vient me chercher, parce que ca m’est arrivé plusieurs fois aussi. Et j’en ai conclu, comme toi, qu’ils se font peur eux-mêmes. Vraiment.

    J’ajouterais qu’ils ont le don d’attendre de sentir qu’on s’est attachée ben comme il faut pour faire leur numéro de disparition. Ou les silences pour les lâches (le dernier en liste était comme ca … ca fait encore plus mal parce qu’en plus, tu vaux même pas la peine d’une rencontre ou au moins d’un appel – j’vais vous dire qu’on se sent comme d’la marde).

    S’attacher à quelqu’un c’est pas une maladie ni une forme de dépendance. C’est juste la suite des choses.

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  • Ping :Prendre le temps… – La vie d'leur mère

  • 15/09/2017 à 09:16
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    Je semble être le seul gars à te répondre, mais je tiens à te dire que j’ai beaucoup aimé ton texte. Après une séparation à laquelle c’est moi qui a mis fin après 22 ans de vie de couple et 2 enfants, je tiens à dire que ce n’est pas plus facile pour celui qui décide de partir que pour celle qui subit. Mais quand même, avant d’en arrivé là, on a parlé. Aujourd’hui, en parents responsables, on s’entend très bien pour le plus grand bonheur de nos enfants qui ne vivent pas dans la chicane. Même que mes blondes ont souvent été jalouses de cet harmonieuse entente, allez savoir pourquoi… Elles étaient en chicanes et poursuites constantes avec leur ex. Ceci dit, mon expérience des réseaux de rencontre après ma séparation n’a pas été des plus agréable, je voulais rencontrer quelqu’un tranquillement pas vite, qu’on apprenne à se connaître en faisant des activités ensembles, mais les filles étaient plutôt à la recherche d’un prince charmant. Je m’explique, si leur coeur ne palpite pas à la première rencontre (coup de foudre), c’est que les hormones ne sont pas au rendez-vous (c’est ce que je me suis fait dire plus d’une fois) et on passe au suivant. Je ne crois pas beaucoup aux coups de foudre, il sont plus souvent qu’autrement éphémères. Si je regarde mon expérience passé, ça a pris plusieurs rencontres, voir même plusieurs mois avant de tomber en amour avec la mère de mes enfants, mais c’est vrai qu’à cet âge on avait tout le temps devant nous. Je me suis rendu compte qu’à mon âge (quarantaine), les filles veulent rencontrer et tomber amoureuse très rapidement, elles n’ont plus de temps à perdre pour trouver leur amoureux, comme si elles étaient pressées. Je dois bien avouer quelque chose, ayant des amis de filles sur les réseaux de rencontre, beaucoup de gars sont sur les réseaux de rencontre pour la couchette, se sont de bons charmeurs qui se trouvent une blonde et profitent des 3 premiers mois qui sont normalement haut en émotions sexuellement et quand ils se rendent compte que la fille commence à s’attacher, ils disparaissent aussi vite. C’est plat, parce qu’à cause de ces gars, les bons gars ont de la misère à se vendre et à montrer qui ils sont.

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