Le John Deer ou l’homme au rateau

Qui dit vie amoureuse de marde, dit aussi (dans mon cas du moins)  partager son jardin secret. Restons donc dans la thématique et jasons jardinage grâce à ce texte que m’a envoyé une fan de la page.

Et vous, avez-vous le pouce vert, messieurs?

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Lorsque je pense à cette expression bien simple «se prendre un râteau»,  j’ai l’image d’un gars un peu trop sûr de lui qui court à la recherche de la première fille un peu «cute» qui va accepter sa proposition de fin de soirée.

Ayant  malheureusement vu plusieurs de mes amis se prendre un râteau violent en pleines dents, j’ai toujours une petite gêne pour eux. Non qu’ils ne méritaient pas cet apprentissage douloureux du refus cinglant et sans ménagement, mais parce que je ne comprenais pas comment de si bons gars pouvaient se transformer en « épais, débile profond sans cerveau» à la vue d’une jolie fille.

 

Dans les professionnels du ratissage, il y a deux types de jardiniers.

Le jardinier de type 1, c’est celui qu’on voit venir a 200 km/h, qui s’approche de toi avec attitude et qui commence toujours par une phrase mielleuse sortie des années 70 dans le genre « qu’est-ce que tu manges pour être belle de même ?». Celui-ci avant même qu’il ait fini sa phrase tu te retiens pour ne pas l’envoyer aux oubliettes. Tu essaies de rester courtoise et bien élevée, parce qu’avec le jardinier de type 1 tu sais que dès que tu vas ouvrir la bouche, le 1 millième d’estime de lui qu’il lui reste va s’évaporer en même temps que sa dernière neurone. Il va sentir sa virilité s’enfuir à vitesse grand V et pour essayer de garder le cap, il va se mettre à te rabaisser avec des phrases assassines dans le genre : «On sait bien t’es célibataire parce que t’es folle»,  «Tu veux un gars qui fait 300 000$ par année» ou encore «T’es trop difficile et tu penses que tu vaux mieux que les autres».

Il faut aussi spécifier que le type 1 va continuer de penser qu’il est en train de SCORER alors qu’il vient de t’insulter à 3 reprises en moins de 5 minutes. À noter que le type 1 vient rarement t’accoster alors qu’il est à jeun, il attend toujours quelques verres pour être plus détendu et, dans sa perception, la conversation sera plus fluide. Malheureusement, il se veut davantage chancelant, te postillonnant dans le décolleté tout en te disant «T’as de beaux yeux tu sais?».

Notre jardinier expert voit sa masculinité détruite à la vue de ces filles avec un bon métier, qui aiment les plaisirs de la chair, de l’ivresse mais qui sont en mesure de garder un contrôle afin de préserver leur intégrité. Ces roses pures sont en fait inaccessibles pour notre jardinier, car avec son John Deer 55 Pouces de lame, il détruit tout sur son passage ne laissant aucune place à la floraison et la délicatesse. L’horticulture est pour lui, ce que l’oasis est au désert : une illusion.

Le jardinier de type 2… mes amis. Ils sont en fait fervent amateurs de jolies fleurs. Ils veulent, au plus profond d’eux-mêmes prendre soin d’elles et être des hommes soucieux de respecter la femme, de la rendre heureuse et épanouie. Les jardiniers de type 2 ont réussi leur cours 101 du potager, parce que lorsque tu es leur amie sans ambiguïté, tu as le droit aux meilleurs d’eux-mêmes. Des hommes cultivés, avares d’en apprendre sur les femmes et souhaitant les séduire avec un charme, un charisme et une aisance folle. Ces hommes-là qui gagnent à être connus et on souhaiterait toutes les présenter à nos meilleures amies si leur potentiel de séduction était épanoui, mais ils s’avèrent se transformer en dragueur de pacotille alors qu’apparait une jolie jambe. Les types 2, les bons gars maladroits (appelons-les ainsi) tirent leur théorie de la séduction sur les conseils de leurs acolytes masculins. Ce sont un groupe de gars, qui, pris un par un souhaitent une relation saine et épanouissante; mais qui en «gang» suivant les conseils un peu macho des uns des autres se retrouvent à devenir des tarlas puissance 4.

Ce sont des gars qui comprennent très bien que les conseils de leurs amis sont futiles, simplistes et même irrespectueux quelques fois. Mais nos jardiniers de type 2, manquant aussi un peu de confiance en eux, continuent ainsi de croire que les conseils de leurs amis «J’ai vraiment beaucoup de connaissances mais je suis toujours célibataire» doivent marcher parce qu’ils semblent avoir des histoires à raconter. Ce genre de gars, le type 2, dès qu’il est en couple, ne voit plus ses amis. Il sait très bien que ces derniers, célibataires, vont créer des problèmes dans son couple parce que la rose de son cœur ne voudra certainement pas entendre parler des histoires bas de gamme et sans valeur pendant des soirées arrosées et associer sont prétendant qui la cultive jusqu’à sa floraison la plus parfaite à des hommes aussi puérils que ces derniers.

Notre type 2 est un homme avec beaucoup de potentiel horticole, mais même en couple, il a de la difficulté à mettre de l’engrais au bon moment. Il reste une petite part de lui, cachée bien au fond du jardin, qu’il regarde régulièrement. Des mauvaises herbes qui le poussent à se dire qu’il doit rester un homme viril, fort, indomptable… De cela, il reste dans l’ambivalence. Le gars qui veut se caser, mais qui a peur de l’engagement. Des fois qu’on verrait qu’en dessous de ce beau tablier vert et ce chapeau de paille se cachent un homme plein de cœur qui est prêt à donner et à recevoir de l’amour à profusion.

Au lieu de ça, il préfère continuer à préférer les conseils de ses amis cueilleurs de concombres et draguer sans répits des femmes quelques fois douteuses, ou alors complètement névrosées. Quand ils tombent sur une fleur rare, ils arrivent avec maladresse à la cueillir, mais savent rarement comment la garder radieuse et fleurie.

Juste un petit conseil mes jardiniers : dans tous les cas, une femme vit de l’attention, de l’émotion, du regard que vous posez sur elle comme si c’était la plus belle aventure de votre vie…alors au lieu de prendre vos outils et de gratter dans les terrains arides et fades…concentrez-vous à cultiver le plus beau jardin !

 

V. P.

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3 pensées sur “Le John Deer ou l’homme au rateau

  • 06/08/2016 à 11:11
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    Félicitations, super beau texte dans lequel j’me suis avéré être jardinier type 2 puissance 4… lol

    Ok je l’avoue, un sourire authentique ainsi qu’une belle cuisse bien galbée (idéalement sur la même personne) peut parfois un tantinet m’intimider et (oui je sais ça fait très cliché mais…) l’intellect bien allumé d’une jolie femme qui mord dans la vie en s’exprimant de la sorte ici, m’allume les neuronnes et pique ma curiosité!

    V P, tu sembles avoir fait tes devoirs et tout compris mais tu m’as aussi fait bien rire!! 😉

    Au plaisir de te relire!

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  • 11/08/2016 à 10:31
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    Très beau texte, j’aime bien lire des si belle envolées textuelle !

    Pour ma part, OK je suis un jardinier de type 2 de 55 ans qui trouve qu’il y a des très bonnes analogies dans ton texte mais il ne faut habituellement pas généraliser. Etant que oui les conseils d’Amis/amies c’est toujours pratiques encore faut t’il que la femme soit réceptive… Je trouve qu’il y a tellement de méfiance actuellement que tu as beau faire litérallement des pieds et des mains pour bien cultiver et entretenir le jardin mais… ce sentiment négatif gagne trop souvent dans mon opinion.

    Peut-être suis-je trop pressé mais bon, on continue et bon travail, Merci !

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  • 16/08/2016 à 15:43
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    Je suis un jardinier de type 2, mais je me méfie quand même des conseils un peu trop macho. Mais elle semble difficile à trouver, la fleur qui acceptera que je m’occupe d’elle, la rose qui acceptera que ce soit moi qui l’apprivoise, Peut-être que je ne visite pas les bons jardins.

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