L’amour en série

Cette semaine dans ma boîte de réception se trouvait un double cadeau! Tout d’abord des beaux gros compliments concernant mon livre (on ne se tanne jamais de faire du bien!) puis,  un texte plein de vérité, d’espoir et d’humour. Le bonus? Celle qu signe le texte a aussi un blogue alors si vous aimez sa plume, vous pourrez aller continuer de la lire par ici.

Voici donc Noémie et ses amours en série!

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L’amour en série

Épisode 1 : La prison

À partir du premier jour où j’ai eu un chum, j’en ai eu back to back pendant 10 ans. Ils s’enchaînaient tel un mauvais marathon de Friends avec à peine le temps d’une pause pour boire un verre d’eau. J’aimerais préciser que je n’ai quand même eu que quatre copains pendant ce temps, donc peu de saisons mais beaucoup d’épisodes. Pour mieux poursuivre cette analogie douteuse avec les téléséries, je dirai que j’étais avec eux pour la même raison que j’écoute des séries: pour le confort. Écrasée sur mon divan avec un bol de popcorn, une couverture et mon chat, j’oublie ma vie pendant un ou deux (ou trois…) épisodes. Ce n’est pas que je m’oubliais pour l’autre, mais bien que j’utilisais l’autre pour mieux m’oublier. Je ne savais pas ce que j’attendais d’une relation, mais je ne pouvais vivre seule. L’insuffisance de mes critères de sélection, conséquence directe de mon manque d’introspection, entraîna des choix peu judicieux de candidats.

Toutes ces histoires de sentiments, c’était tellement difficile pour moi. Je n’y comprenais rien. Je me sentais comme une octogénaire devant Facebook : j’étais tellement incompétente dans le domaine que j’aimais mieux l’éviter. Je me trouvais d’autant plus incompétente que je suis une fille et que j’aurais dû passer mon adolescence à parler de mes émotions avec mes amies en me mettant du vernis à ongles. Mais bon, ça a manqué à mon éducation.

Épisode 2 : La fuite

Puis, un jour, vers mes 28 printemps, je me suis retrouvée toute seule. Mon copain et moi on s’était quittés en bon termes, réalisant que, tout bien considéré, on ne s’aimait pas vraiment finalement. Et c’est là que j’ai eu l’opportunité de vivre en ma compagnie. Laissez-moi vous dire que je n’étais pas de tout repos. Sachez que quand on vit seule avec soi-même, s’oublier demande beaucoup d’efforts. Je redoublai donc d’ardeur à la tâche de me sauver de moi-même, ayant toujours une longueur d’avance sur ma prochaine activité, mon prochain logement, mon prochain emploi. Nul besoin de préciser que mon rythme de vie était frénétique et que la chanson de Pink prenait tout son sens : « don’t let me get me, I am my worst enemy ». J’avais aussi décidé que les garçons n’avaient plus de place dans mon horaire ultra chargé et que de toute façon ils ne pouvaient rien m’apporter de bon. À ce moment-là, si j’avais écouté mes besoins, je les aurais entendus protester à grands cris contre cette décision et contre mon horaire de cinglée. Mais j’ai bâillonné leur petite bouche au duct-tape.
Résultat : quatre ans plus tard, je m’étais démenée comme une folle, je n’avais eu aucune relation intime avec personne et je faisais un burnout et une dépression majeure. Là je prends une pause pour m’applaudir de façon sarcastique en me disant « beu-ravo ». Mais bon, je vais faire preuve d’indulgence envers moi-même puisque chacun doit faire ses expériences.

Épisode 3 : La délivrance

Je pouvais me qualifier de totale écrapoutie. Je n’avais plus aucune espèce d’énergie, à part pour avoir mal partout. Mais maintenant que j’avais le temps d’écouter mes besoins, j’avais envie d’un homme dans ma vie. Après un gros huit mois d’état larvaire, j’ai trouvé la force de m’inscrire sur un site de rencontre. Pour une fois, après des mois de thérapie et d’analyse de nombril, j’avais une idée de ce que je désirais dans la vie et dans un couple. Je voulais quelque chose de simple, mais d’authentique. Je voulais donner de l’amour à quelqu’un qui me le rend, qu’on soit amis, qu’on rit, qu’on voit ensemble ce que la vie nous amène. Ça sonne bien idyllique tout ça, mais comment on « date » quand on n’a pas d’emploi et qu’on est en rémission de dépression et de burnout. Heureusement, mes hormones ont insisté pour que je tente ma chance. La suite mériterait vraiment de faire l’objet d’un épisode de téléroman, parce que j’ai rencontré le gars parfait pour moi. Je vous épargne les détails cuculs. En fait, je vis le plus gros boost de confiance amoureuse possible. Dans mon état le plus dénué de tout accomplissement, quelqu’un m’aime. J’ai enfin trouvé le sentiment de sécurité que j’avais tellement cherché. Je pourrais vivre et savoir m’occuper de moi-même sans cette relation mais je choisis de la poursuivre parce qu’elle améliore ma vie, elle améliore ma personne et me donne l’impression de faire de cette planète un endroit où il y a moins de marde*.

Noémie

* J’ai vraiment travaillé pour finir avec ce mot-là, merci de vous y être rendus 😉

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2 pensées sur “L’amour en série

  • 28/06/2015 à 07:34
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    Merci de me redonner espoir, tout simplement.

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  • 17/07/2015 à 10:15
    Permalink

    En 2001, à 29 ans, je me suis enrôlé comme officier dans la marine du Canada, et j’ai subséquemment séjourné à Victoria. Je fus frappé de plein fouet par la différence non négligeable entre les rapports hommes-femmes au Québec et ces mêmes rapports là-bas. Une très jolie blonde originaire de Thunder Bay, avec qui j’ai eu deux ou trois conversations plutôt anodines, me pose du tac au tac cette simple question : “Do you have a girlfriend?”. Je réponds la vérité “No, I don’t”. Et vlan! nous commençons à nous fréquenter; pas plus compliqué que ça. La relation n’a malheureusement pas duré, pour des raisons que je dirais indépendantes de nos volontés respectives (des études pas terminées, différentes affectations pour moi et pour elle, son ex qui revient et qu’elle décide d’épouser en fin de compte, etc.). Je me souviens aussi d’avoir assisté là-bas au mariage d’un chic type, francophone et officier comme moi, qui avait vécu au Québec avec la nette impression d’être “un gars qui pogne pas”, mais qui, une fois à Victoria, était subitement devenu “as much of a man as any other one” (et qu’on ne vienne pas me dire que c’était seulement l’uniforme!). Aux dernières nouvelles, il est toujours marié, a deux enfants et sa carrière va très bien. Quant à moi, mon amour des langues m’a rendu à la vie civile; je suis devenu traducteur et vis à Québec… en couple avec une québécoise! Parce qu’un adulte sait depuis longtemps qu’il ne faut jamais généraliser! (Définition du mot “adulte” = Personne parvenue à sa maturité physique, intellectuelle et affective.)

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