Je s’rai jamais ta blonde

Cette semaine encore, une femme m’a écrit pour partager ses mots et sa peine. C’est jamais facile de faire le deuil d’un amour…

J’imagine que ça fait partie du deuil de se l’admettre. Je le sais pourtant, je le sais depuis longtemps. Je s’rai jamais ta blonde. Je s’rai jamais celle que tu présentes à tes proches préférés avec fierté, avec les yeux plein de petits confettis comme ceux qu’on achète dans l’allée du party au Dollorama. On ne s’organisera jamais de fin de semaine de « get away », tu ne mettras jamais ta main sur ma cuisse pendant que tu conduis. C’est dur de croire qu’après tout ce temps, t’as toujours pas de papillons dans le ventre quand tu poses tes lèvres sur les miennes, quand je te touche avec mes mains fébriles, mes mains qui tremblent de s’être tenues loin de toi trop longtemps. 

J’ai beau le crier dans ma tête à répétition, je n’arrive pas à arrêter d’avoir peur de te perdre. Perdre pas juste toi mais aussi ta voix, tes yeux, tes mains et tout le reste aussi. Perdre les moments qui me marquent au fer rouge un par un alors qu’ils passent inaperçus dans ton monde à toi. Je ferais n’importe quoi, littéralement n’importe quoi pour que tu m’aimes. C’est tellement laid à avouer, c’est tellement pathétique. C’est la vérité pourtant. Si tu pouvais ressentir une petite miette de ce que je ressens pour toi, si on pouvait inverser les rôles pour un jour ou deux. 

J’écoute des tounes d’amour cheap pour essayer de trouver les bons mots. Juste de penser à t’envoyer ce texte-là me donne mal au cœur. J’ai déjà passé par là pourtant, j’ai déjà choisi de laisser mon épuisement gagner et te laisser voir ce qu’il y avait à l’intérieur de moi. On me demande si c’est parce que j’aime avoir mal que je reviens sans cesse vers toi. Peut-être, parce que c’est tout ce que je connais. Peut-être que c’est mon confort, c’est ma petite maison toute chaude, c’est la main qui me flatte le dos. Je te trouve beau, beau de partout. Je te trouve parfait quand tu ris, quand tu es démoli par la vie, quand tu consommes pour oublier, quand tu te fâches, quand tu m’avoues des affaires qui font peur. Je t’aime tout le temps, partout, pour rien. 

Mais je s’rai jamais ta blonde. C’est clair pour tout le monde et c’est devenu clair pour moi aussi. Je s’rai jamais égale à tes gestes, je ne pourrai plus jamais considérer tes becs dans le cou, tes doigts qui passent doucement sur mes bras, tes regards trop soutenus pour de l’amour, des peut-être. Je ne suis pas encore prête à te laisser partir, à me laisser être libre dans ma tête. Je sais que le jour où ce sera fini pour vrai, je n’aurai pas peur de passer sur certaines rues, d’écouter certaines chansons. J’aurai plus peur de me rappeler de toi. Tu auras été une énorme partie de ma vie, un morceau énorme de mon cœur et de mon apprentissage de l’amour.

Je s’rai jamais ta blonde, même si t’es ma fin du monde. 

Rafaelle Dextraze

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